Saturday, February 28, 2026

Tibetan Buddhism and the Reality of Possession


Yamantaka est un yidam ou déité du bouddhisme tibétain


Tibetan Buddhism and the Reality of Possession

Le bouddhisme tibétain est présenté en Occident comme une voie d'une intégrité absolue. Il est décrit comme un système philosophique proposant des techniques pour développer la pleine conscience, la compassion et, en fin de compte, atteindre l'éveil.

Ce qui est rarement dit clairement, c'est que les systèmes tantriques du Vajrayāna sont structurés autour de la possession spirituelle ritualisée et de la prise de contrôle de l'individualité du pratiquant.

Une thèse de doctorat de 2022, intitulée « Āveśa et possession divine dans les traditions tantriques d’Asie du Sud » et signée par Vikas Malhotra, démontre que la possession est devenue un élément central de la pratique tantrique médiévale, notamment du tantra bouddhiste qui a ensuite évolué vers le vajrayāna tibétain.[1] Le terme sanskrit āveśa signifie littéralement « entrer dans ». Dans le contexte tantrique, il désigne la fusion du pratiquant et de la divinité. Cette fusion n’était pas marginale, mais fondamentale.[2]

La pratique du yidam (le yoga de la déité) implique la possession

Dans le yoga des divinités tibétaines, les pratiquants se visualisent comme une divinité, récitent son mantra, adoptent ses gestes et son identité, et sont invités à ne ressentir aucune séparation entre eux et cet être. Les enseignants modernes présentent cela comme symbolique ou psychologique, et comme une méthode pour réaliser la vacuité. Mais historiquement, cette pratique s'inscrit dans la structure des techniques de possession. 

- Invocation
- Descente du pouvoir
- Fusion d'identités
- Pouvoir modifié
- Signes physiques et psychologiques

Les textes tantriques médiévaux décrivent des signes de possession tels que tremblements, extase, altération de la conscience et perte de l'identité ordinaire. Ces mêmes phénomènes et mécanismes sont rapportés dans le contexte du Vajrayāna.

Guru Yoga et possession humaine

Il existe aussi des vérités dérangeantes concernant le Guru Yoga. Dans cette pratique, le gourou visualisé se dissout dans la lumière et pénètre le disciple. Ce dernier perçoit l'esprit du gourou comme indissociable du sien. L'initiation est décrite comme une descente de bénédiction dans le corps subtil. La thèse note que, dans les systèmes tantriques, même des êtres humains avancés pouvaient exercer une influence positive sur autrui. [3]Le gourou incarne le pouvoir de la lumière.
Ce pouvoir se transmet par l'initiation.
Le disciple devient un réceptacle.
L'identité passe de l'individu au porteur de lignée.

Il s'agit d'une possession ritualisée entre humains. Présentée comme une transmission positive, est-ce vraiment le cas ? Quelles sont les implications d'inviter un autre être humain à vous posséder ? Si l'on examine les nombreux cas d'abus révélés au sein des communautés Vajrayāna ces dernières décennies, on peut se demander pourquoi quiconque laisserait un être humain faillible entrer en soi et se faire posséder. Ayant moi-même subi des abus graves de la part d'un maître Vajrayāna prétendument illuminé, je peux témoigner. Le guru yoga crée un cadre dans lequel un autre être humain se voit accorder une autorité intérieure intime sur votre esprit et votre identité. Doit-on consentir sciemment à une telle dynamique ? Probablement pas quand on sait que la possession spirituelle est ce qui se produit réellement lors du guru yoga et du yoga de la déité (yidam).

Pourquoi ce point est-il passé sous silence ?

Le fait que ce point soit passé sous silence dans les enseignements du bouddhisme tibétain devrait interpeller. Pourquoi n'en parle-t-on pas d'emblée ? Parce que le terme « possession » sonne comme une notion primitive et est chargé de connotations négatives, psychiatriques et coloniales. C'est pourquoi les traditions en quête de légitimité occidentale évitent ce terme et dissimulent la réalité sous des couches d'euphémismes théologiques et philosophiques. Le problème n'est pas une question de vocabulaire, mais de savoir si les pratiquants sont clairement informés de ce qui se passe concrètement. Si le Vajrayāna repose sur une possession ritualisée par l'incorporation de la divinité (yidam) et du gourou, cela doit être clairement énoncé.

Dans l'histoire religieuse occidentale, et plus particulièrement au sein du christianisme, la possession a longtemps été perçue comme une expérience négative, spirituellement dangereuse et psychologiquement déstabilisante. Elle est associée à une perte de libre arbitre, à une vulnérabilité à la manipulation par des entités démoniaques et à la nécessité d'une protection ou d'un exorcisme. Loin d'être un phénomène spirituel fascinant, elle est considérée comme un risque sérieux.

Pourtant, lorsque des dynamiques similaires de dissolution de l'identité apparaissent au sein d'un système spirituel importé, elles sont souvent amplifiées, esthétisées et soustraites à tout examen critique. Le langage change, mais la structure sous-jacente demeure.

Pourquoi la possession rituelle suscite-t-elle l'inquiétude dans un contexte et la vénération dans un autre ? Pourquoi un changement de perspective métaphysique neutralise-t-il automatiquement cette inquiétude ? Si cela soulèverait des interrogations dans une église occidentale, pourquoi cela devrait-il être exempté d'examen dans un temple tibétain ?

Les faits historiques sont clairs : la possession n’est pas un concept périphérique du tantra tibétain. Elle est au cœur même de ses rituels. Dès lors, les pratiquants méritent d’affronter cette réalité en toute conscience, plutôt que de la percevoir dissimulée sous des symboles inoffensifs ou un mysticisme élevé.


Notes de bas de page

[1] Vikas Malhotra, "Āveśa et possession de divinités dans les traditions tantriques de l'Asie du Sud : histoire, évolution et étiologie", thèse de doctorat, Université de Californie, Santa Barbara, 2022.

[2] Ibid., discussion sur la possession devenant centrale dans la praxis tantrique.

[3] Ibid., discussion des formes positives de possession humaine.

[4] Ibid., modèle intégré de possession comme transformation incarnée.

Mim Lee-Boarman


À propos de l'auteure


J'ai été élevée dans la foi catholique et j'ai très tôt développé une profonde dévotion envers Jésus-Christ et sa mère, Marie. Après les réformes de l'Église suite au concile Vatican II, je me suis progressivement éloignée du catholicisme et suis entrée dans une période d'agnosticisme. Cela a changé au début de l'âge adulte lorsque je me suis intéressée au bouddhisme tibétain et que j'ai finalement entrepris des pratiques tantriques avancées.

Avec le temps, mon implication s'est étendue au yoga et à diverses formes de divination : des pratiques qui recoupent des éléments du bouddhisme tantrique. Durant cette période, j'ai subi des abus sexuels et spirituels, ainsi que des attaques de magie noire ciblées. Ces expériences ont engendré ce que je reconnais aujourd'hui comme une grave oppression démoniaque, voire une possession, résultant d'abus rituels perpétrés par des gourous et dissimulés derrière un langage et un symbolisme occultes...




Thursday, July 17, 2025

La société tibétaine sous le règne du Dalaï-lama




Un texte d'Alexandra David-Néel (la Dame Lama), écrit en 1950*, atteste que les Tibétains étaient victimes d'un régime politique pratiquant le servage et l'esclave. Ce régime était dirigé par l'actuel Dalaï-lama qui, au lieu d'une condamnation pour les souffrances infligées à son peuple, est honoré par l'Occident : prix Nobel de la paix, médaille d'or du Congrès américain, médaille de la liberté...

*) Tenzin Gyatso, l'actuel Dalaï-lama, a été intronisé chef temporel et spirituel du Tibet le 17 novembre 1950.


La société tibétaine sous le règne du Dalaï-lama


par Alexandra David-Néel



La vie politique et ses intrigues n’affectent au Tibet qu’un nombre très minime d’individus et ne s’étendent guère au-delà des provinces centrales. Les zones sévères et froides du Ngari comme celles privilégiées de la nature des pays de Po, de Lho et du Kongbou, y sont toujours restées à peu près étrangères.

Là règnent sur des populations plus ou moins primitives et clairsemées, des chefs locaux dont les plus importants s’attribuent fièrement le titre de gyalpo (roi).

En tête de leurs « sujets » viennent des richards du terroir : des tchougpos propriétaires de terres généralement acquises sans droit précis par un de leurs ascendants. Le produit de ces terres cultivées par des métayers dont la condition est, souvent, analogue à celle des serfs, et celui d’un bétail assez important constituent le fond des revenus d’un tchougpo. Il en est de même pour le chef qui y ajoute le fruit de certains impôts qu’il lève à son gré sur ses administrés et celui des amendes qu’il inflige lorsqu’il agit en qualité de juge arbitrant des querelles ou punissant des méfaits.

Une sorte d’esclavage assez bénin subsiste encore en maintes parties du Tibet. Attachés à une famille particulière, les esclaves y fournissent une grande partie de la domesticité. Cet esclavage n’est toutefois pas légal. Il repose sur la coutume mais, au Tibet, coutume vaut pratiquement loi.

Cependant, la plus forte partie du revenu des chefs et des tchougpos provient du commerce. Tout le monde trafique au Tibet : riches et moins riches, les pauvres eux mêmes, hommes, femmes et enfants. Nul Tibétain qui n’ait quelque chose à vendre ou à troquer : drap précieux ou commun, laine, chevaux et mules, chaudrons, beurre, fromage, bouse des troupeaux servant de combustible, du haut en bas de l’échelle sociale l’on vend, l’on échange avec âpreté et l’on peut voir des miséreux tirant de sous leurs guenilles de vieux os ramassés dans la poussière et les proposant à d’autres pauvres hères qui les pileront et se serviront de leur poudre pour assaisonner leur maigre pitance. [...]

Se méprenant sur mon identité (Alexandra David-Néel était déguisée en tibétaine) les paysans parlèrent librement devant moi, ne me cachant rien de leur détresse. Impôts et corvées pesaient sur eux d’un poids qui les écrasait.

Les corvées qui les arrachaient souvent aux travaux des champs aux époques où ceux-ci étaient les plus urgents ne différaient d’ailleurs en rien de celles auxquelles étaient soumis tous les paysans du Tibet. Partout, les travaux à effectuer pour le gouvernement : routes ou bâtiments à construire ou à réparer, incombaient aux villageois qui ne recevaient de ce fait ni salaire ni nourriture. En dehors du travail forcé requis pour le gouvernement, les paysans devaient aussi transporter gratuitement les bagages et les marchandises des voyageurs munis de titres de réquisition à cet effet et leur fournir, outre des bêtes de somme, du fourrage et du grain pour leurs montures et celles de leurs serviteurs.

Quant aux impôts à payer en nature, les gens de Tashi Tsé affirmaient que la terre peu fertile de leur pays ne produisait pas chaque année assez de grain pour qu’ils puissent s’acquitter de ce qui leur était réclamé. Cependant, il fallait aussi manger… D’où emprunts et dettes.

Ils énuméraient encore d’autres manières de les dépouiller, qui contribuaient à remplir la caisse du Gouverneur résidant dans un petit dzong (château) perché sur un monticule au bord de la rivière. – L’on peut dire, à la décharge de ce dernier, que lui-même avait dû payer cher sa nomination au poste qu’il occupait. Du haut en bas de l’échelle hiérarchique, la même corruption s’étalait.

Quitter le pays pour chercher de meilleures terres ou des chefs moins exigeants n’était point permis à ces paysans qui, comme tous leurs pareils, n’étaient que des serfs. Quelques-uns avaient tenté de fuir, de s’établir dans les provinces voisines. Découverts, ils avaient été arrachés à leur nouveau foyer et ramenés à Tashi Tsé pour y être bâtonnés et condamnés à une forte amende.

Ceux qui avaient songé à les imiter ne l’osaient pas, trop effrayés par le châtiment infligé aux familles des fugitifs. Celles-ci ayant été tenues pour responsables, car elles auraient dû, leur reprochait-on, empêcher leurs parents de s’échapper, frères, oncles, cousins avaient été fustigés et contraints de payer des amendes.

Ainsi, ces malheureux demeuraient dans leurs pauvres demeures, toute énergie détruite en eux, s’appauvrissant chaque année davantage, n’espérant aucune délivrance dans cette vie.

Certains regardaient du côté de la Chine. « Nous n’étions pas si mal traités quand les Chinois étaient les maîtres », me disaient-ils. « Reviendront-ils ?… Peut-être… Mais quand ? Nous pouvons être morts avant ce temps… »

Ils sont revenus bien plus puissants qu’ils ne l’étaient auparavant. Pas un coup de feu n’a été tiré contre eux pendant leur marche à travers les campagnes et les bourgades tibétaines et, souvent, ils ont été accueillis avec joie. Les étrangers qui s’apitoyaient sur le sort des populations victimes d’une odieuse agression étaient bien mal informés.

De quelle façon la Chine répondra-t-elle à l’espoir que le prolétariat et les métayers serfs du Tibet ont placé en elle… Il reste à le voir.

Le ciel bleu, la glorieuse lumière, le soleil étincelant du Tibet sont générateurs d’optimisme ; la paysannerie tibétaine n’est pas encline à nourrir longuement des soucis ; elle attend avec tranquillité les changements que pourra lui apporter le renouvellement de ses très anciens liens avec la Chine ; une Chine différente de celle que ses pères ont connue et plus d’une fois combattue, mais qui, pour le moment, ne paraît pas lui déplaire. »

Alexandra David-Néel, « Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle ».


Wednesday, February 05, 2025

Un moine du Ladakh, marcheur et philosophe



Tenzin, moine bouddhiste du Ladakh, entame son périple de 3 000 km à pied jusqu'à son monastère en Inde. Entre routes dangereuses, villages isolés et montagnes, il incarne la philosophie bouddhiste en prônant la simplicité et en acceptant les épreuves comme une question de karma. Au fil de ses rencontres, nous explorons la spiritualité, le respect des traditions et la critique d'une modernité qui selon lui, nous éloigne de l'essentiel.


(10 minutes)


Tuesday, January 28, 2025

Le bouddhisme tibétain comme religion conquérante


"Les clercs bouddhistes élaborent des stratégies visant à influencer les instances occidentales de gouvernement."


Le moine bouddhiste Matthieu Ricard représentant du lamaïsme auprès des puissants du Forum économique mondial de Davos.


Lionel Obadia, et, à sa suite, Cécile Campergue, ainsi que Thierry Mathé, entendent traiter le bouddhisme comme une "religion missionnaire". Ce courant s’appuie en partie sur les analyses, essentiellement américaines, d’histoire culturelle, notamment celles de Donald Lopez – qui le premier développa l’idée d’un "colonialisme spirituel" du Dalaï Lama, fondé sur la reprise et la diffusion de discours orientalistes et scientifiques –, Peter Bishop, Georges Dreyfus, Thierry Dodin et Heinz Räther et Martin Baumann.

Dans "Bouddhisme et Occident" (1999), L. Obadia revient sur la généalogie des représentations occidentales du bouddhisme et décrit les différents milieux sociaux qui ont contribué à leur vulgarisation (cercles d’érudits orientalistes et de voyageurs, philologues, sociétés occultes…). Il étudie ensuite les techniques de "propagande" et d'"évangélisation" des promoteurs occidentaux du bouddhisme, dans le cadre d’une sociologie d’inspiration wébérienne qui affirme la dimension "universaliste" et "missionnaire" du bouddhisme. Son ouvrage ne décrit pas davantage les dispositifs d’affiliation qui permettent, dans ces centres, de fabriquer de nouveaux "convertis".

Dans un second ouvrage, "Le bouddhisme en Occident" (2007), le propos de L. Obadia prend une toute autre ampleur, en ce qu’il entend aborder la diffusion et l’implantation en Occident de tous les courants bouddhiques. Reprenant les analyses d’histoire culturelle déjà développées dans son précédent livre, il s’interroge à présent sur les différentes modalités d’adhésion au bouddhisme en Occident, en distinguant notamment, comme l’avait fait avant lui l’historien des religions Martin Baumann, le bouddhisme des immigrés asiatiques de celui de "convertis" indigènes. Il s’interroge sur les transformations subies par les traditions importées : s’agit-il d’un "bouddhisme occidental", d’un "bouddhisme à l’occidentale", d’un "bouddhisme mondial" ou d’un "bouddhisme moderne" ? Ainsi le souci d’établir des typologies se substitue-t-il à celui d’une ethnographie des pratiques qui ne préjuge pas de leur nature. 

R. Liogier, pour sa part, a publié un second ouvrage, "Le bouddhisme mondialisé", en 2003, dans lequel il reprend les analyses de D. Lopez en termes de "fascination" et considère le bouddhisme d’Occident, à la manière de F. Lenoir, comme une "troisième voie", située entre les idéologies communistes et capitalistes, qui seraient aujourd’hui discréditées. Mais, comme L. Obadia, il développe l’idée selon laquelle les "clercs bouddhistes" élaborent des stratégies visant à influencer les instances occidentales de gouvernement. Leur objectif serait d’institutionnaliser cette "troisième voie", qu’il nomme "individuo-globalisme" et qui serait en passe de remplacer les religions institutionnalisées. 

La thèse de Cécile Campergue entend montrer en quoi consiste, à l’aide d’une enquête empirique réalisée pendant plusieurs années dans les centres bouddhiques tibétains de France, le "missionarisme" des lamas tibétains. Elle répertorie et décrit les différents centres présents sur le territoire national, revient sur les parcours des lamas qui les ont fondés, décrit les moyens employés pour diffuser une représentation idéalisée du bouddhisme tibétain (médias, institutions, personnalités intellectuelles, politiques ou du monde du spectacle, modes de financement et gestion économique des centres) et s’interroge sur les relations des maîtres avec leurs étudiants, soulignant plusieurs contradictions entre les discours et les pratiques (relations de dévotion et d’obéissance, statut ambigu des femmes…). 

Marion Dapsance.


Friday, December 27, 2024

Révélations d'un lama dissident

 


Le lama tibétain Kelsang Gyatso (1931-2022) était un enseignant important parmi les guélougpa restés fidèles à des pratiques proscrites par le dalaï-lama.


La méditation

En matière de méditation Kelsang Gyatso faisait autorité. Selon ce lama, parce que la méditation n’est pas dénuée de risques, les méditants doivent se protéger et revêtir une armure psychique. « De même que les guerriers utilisent des armures pour se protéger pendant les batailles, ainsi les méditants ont besoin d’une armure pour se défendre contres les obstacles et les entraves. » (Kelsang Gyatso « Guide du Pays des Dakinis »).

Les obstacles

Tout ce qui fait obstruction à l'accomplissement de la libération est nommé Mara (démon). « Il existe, selon le lama Kelsang Gyatso, quatre principaux types de démons : le démon des perturbations mentales, le démon des agrégats contaminés, le démon de la mort incontrôlée, et les démons Dévapoutra. Seuls les derniers sont des êtres sensibles proprement dits. […] Un bouddha est appelé un « conquérant » parce qu'il, ou elle, a vaincu les quatre types de démons.

Ishvara, prince de ce monde

Le bouddhisme considère que nous vivons dans le monde du désir (Kâmaloka). Toujours d'après Kelsang Gyatso, l'être le plus puissant de ce monde est Ishvara courroucé, un démon Dévapoutra.


Ishvara courroucé « demeure dans Le Pays qui Contrôle les Émanations, l'état d'existence le plus élevé à l'intérieur du règne du désir. Ishvara a des pouvoirs miraculeux limités qui le rendent plus puissant que les autres êtres du règne du désir. Si nous faisons confiance à Ishvara, nous pouvons recevoir certains bienfaits temporaires au cours de cette vie, par exemple, plus de richesse et de biens, mais Ishvara courroucé est l'ennemi de ceux qui cherchent la libération, il interfère avec leur progrès spirituel. » ( Kelsang Gyatso)




Dans des centres de spiritualité, des personnes avides de richesse, de gloire, de pouvoir adorent secrètement Ishvara dont le culte évoque celui de Satan. De nos jours, le satanisme et les crimes pédophiles qui lui sont imputés se répandent.

Wednesday, December 25, 2024

Instructeurs tibétains & hitlérisme


"Tempête sur l'Asie" (en russe : Potomok Tchingis-Khana, littéralement "Le Descendant de Gengis Khan") est un film soviétique réalisé par Vsevolod Poudovkine, sorti en Russie en novembre 1929.


Rudolf Steiner "avait commis l'imprudence d'expliquer sans détour, en des conférences qu'il avait données en 1917 et 1918, que des sociétés secrètes visaient à l'anéantissement et à la ruine de l'Occident."

Quelques mois après la remise du prix Nobel de la paix au Dalaï-lama, Robert Ambelain, grand maître mondial de la franc-maçonnerie de Memphis-Misraïm et fondateur d'un groupement martiniste, révéla que les instructeurs des nazis étaient des lamas tibétains.

Selon Robert Ambelain, "derrière la mystique de l'île de Thulé, derrière un pangermanisme raciste de combat, derrière les vieux dieux des Germains, il y avait autre chose : il y avait des sectes tibétaines et leur magie.

Dans un ouvrage consacré à la magie à Paris, et sous un pseudonyme, Maurice Magre a évoqué l'action de lamas venus du Tibet pour agir politiquement en Europe par la magie tantrique. Or avant la guerre 1939-1940 il avait fort bien connu Otto Rahn, jeune intellectuel allemand venu en Ariège pour y étudier le catharisme, officiellement du moins. […] Membre des S.A. à cette époque, il gravira tous les échelons de la S.S. Dans l'entourage immédiat de Himmler. C'est très certainement au cours de conversations banales que Rahn fut amené à parler à Maurice Magre de ces lamas tibétains venus à Berlin, et Magre n'y vit que du feu !

D'ailleurs, d'avril 1938 à août 1939, soit pendant seize mois, une mission nationale-socialiste avait séjourné au Tibet sous la direction du docteur Ernst Shafer et y avait réalisé un film. Il est bien évident que ce film n'était qu'une motivation officielle pour les Européens occidentaux, car le motif était tout autre.

En effet cette mission avait été organisée par l'Ahnenerbe, soit « l'héritage des ancêtres », chargée de travaux ultra-secrets, et intégrée à la S.S. générale en mars 1938 par Himmler lui-même. Elle y dépendait de Karl (ou Nat) Wolf, supérieur d'Otto Rahn, et membre de l'état-major personnel de Himmler. Les membres de cet état-major portaient tous à la manche gauche de leur veste la bande de bras significative de cet office : noire bordée d'argent.

Après cela, on pourra toujours nous affirmer que cette mission au Tibet était d'ordre purement "ziendivigue" ... Car son retour coïncida, en août 1939, avec l'invasion de la Pologne et le début de la Seconde Guerre mondiale.

On observera que l'Allemagne nazie, si éprise de rechercher ses racines aryennes en Asie, avait négligé d'envoyer de telles missions en Inde, où l'Intelligence Service anglais aurait facilement dépisté les véritables motifs d'une telle arrivée. [...]

Marquès-Rivière, qui fut en France le chef du service chargé des sociétés secrètes françaises (il quitta Paris en août 1944 avec une escorte de miliciens et fut condamné à mort par contumace), avait inséré un passage en son livre "Vers Bénarès la ville sainte" (Paris, 1930, Éd. V. Attinger), passage où il est question de la société secrète asiatique le Taureau Rouge, groupant des musulmans de l'Inde et des bouddhistes tibétains. Objectif de cette secte mixte: la guerre sainte contre les Anglais. En perquisitionnant à la Libération en son domicile du Quai-aux-Fleurs à Paris, la police découvrit un occultum (oratoire laboratoire des occultistes) dont le symbolisme de magie noire ne laissait aucun doute sur les orientations de Marquès-Rivière, d'autant qu'il avait publié un rituel tantrique de cette nuance aux Éditions Véga : le "Yantra Chintâmani". Car Marquès-Rivière avait été en Inde muni de certaines recommandations, et il y avait rencontré des personnages à même de le documenter, après s'être fait "reconnaître" bien entendu.

D'autre part, en son livre sur la légende du Gesar de Ling, Alexandra David-Neel nous apporte quelques renseignements sur les "cités souterraines" de l'Agartha et de Shambalah, qui infestèrent certains cerveaux nazis. Ici nous citons Alexandra David-Neel :

"Shambalah a-t-il jamais été le nom d'une ville ou d'une contrée ? C'est possible, mais il n'en existe aucune preuve. [ ... ] Ceux qui - bien moins nombreux que certains étrangers paraissent le croire - parlent, au Tibet, de l'hypothétique Shambalah, la tiennent pour une île située quelque part au nord ... [ ... ]Trois sorciers Bon-nag à qui j'ai eu l'occasion de rendre service au cours d'un voyage et qui campèrent quelques semaines près de mes tentes, me dirent que leurs coreligionnaires se transmettent oralement d'anciennes traditions concernant une terre de la quiétude, située dans le Nord. Peut-être pourrait-on rechercher l'origine de Shambalah dans le folklore des Bön autochtones du Tibet. D'autre part l'origine de la croyance à Shambalah au Tibet peut s'expliquer très simplement. Les hindous parlaient jadis d'une "terre de l'éternelle béatitude" qu'ils nommaient Outtara Kourou: "le pays septentrional des Kourous"."

Là encore nous retrouvons l'influence des traditions asiatiques et surtout tibétaines dans la mythologie particulière créée chez les nazis par la Thulé et ses doctrinaires, concernant une mystérieuse Hyperborée. [...]

Marco Polo, poursuit Ambelain, en son célèbre récit Le Livre de Marco Polo, nous dit avoir rencontré au Népal des tantriques venus du Tibet et du Cachemire, gens plus versés selon lui dans les arcanes de la magie que qui que ce soit en tout autre pays. Il les présente comme s'abstenant de toute ablution, sales à tous égards, attribuant leur puissance magique (qu'il constate avec franchise) à leur sainteté et à leurs mortifications multiples. Ils se livrent parfois à une anthropophagie rituelle, en rôtissant les cadavres de criminels exécutés et en les consommant, afin de s'attribuer psychiquement leurs "vertus" et leurs "mérites" particuliers. Ce rite se nomme la mahamansa, soit "la grande viande" ou viande sacrée. Il s'agit ici, comme on le voit par cette communion eucharistique particulière, d'une véritable initiation à rebours, orientée vers le Mal à l'état pur.

Vers 747 de notre ère arriva au Tibet un certain Padmasambhava, tantrique indien originaire d'Udayana. Peu à peu sous son influence et celle des deux épouses du roi du Tibet, celui-ci se convertit au bouddhisme, mais la cour et le peuple demeurèrent fidèles aux Bönpos. Une persécution obligea les prêtres du Bön à fuir et à dissimuler leurs livres sacrés et leurs objets rituels, pour attendre, selon leurs dires : "le temps où l'action de la doctrine Bön, doctrine de la croix cramponnée, opérerait la libération de l'humanité !", la croix cramponnée étant évidemment leur svastika sénestrogyre.

Avant de quitter leur existence au grand jour et entrer dans la clandestinité, les prêtres bönpos fulminèrent une malédiction générale contre le roi, sa cour et les auxiliaires de Padmasambhava. Tous moururent rapidement deux semaines plus tard. Alors devant ce deuil général Padmasambhava quitta le Tibet. Et ici la question se pose : qu'était donc la doctrine de la croix cramponnée, ce svastika tournant sur sa gauche selon l'orientation chère aux Bönpos ? Et que faut-il entendre par "la libération de l'humanité" ?

Si nous nous en référons aux bas-reliefs érotiques et pornographiques de certains temples tantriques de l'Inde shivaïte des Xe-XIIe siècles, tel celui de Kajurao près d'Agra, où se matérialisent dans la pierre les modes d'accouplement les plus divers et les plus osés que l'on puisse imaginer dans une vaste orgie collective, il s'agit alors d'une banale libération de toute morale, tant religieuse que sociale.

Mais si on va au-delà de ses conséquences dans une universalité qui n'est pas limité dans le temps, on peut fatalement envisager une extinction totale de la collectivité humaine, extinction consécutive à divers facteurs de cette véritable pathologie sexuelle. Et ce serait là cette "libération" ultime de l'humanité, le karma collectif étant finalement devenu tel qu'il aboutit à une destruction totale de celle-ci, et, de ce fait même, à la suppression de toute renaissance, individuelle ou collective. Application de l'adage tantrique bien connu qui veut que "les actes qui plongent l'ignorant pour longtemps dans les Enfers, peuvent permettre à celui qui sait d'accéder à la libération ultime". Sous-entendu : son anéantissement total.

On observera qu'à notre époque la libération sexuelle suivit la mise en application de la contraception vulgarisée et de la loi légitimant l'avortement thérapeutique. Cette même "libération" fut suivie d'une remontée considérable des M.S.T. (maladies sexuellement transmissibles) et celle-ci fut amplifiée par l'apparition d'une autre M.S.T. jusque-là inconnue : le sida. L'effet suit la cause comme l'ombre suit le promeneur, nous dit la vieille sagesse bouddhique …

Un jour, un moine lamaïste du grand monastère de Pékin déclara à Alexandra David-Neel : "Gesar reviendra avec son armée pour exterminer ceux qui s'opposent au règne de la Justice. Il surgira soudainement en toute sa force prodigieuse, et terrifiera les hommes au cœur mauvais qui s'adonnent à une activité malfaisante. Ses innombrables cavaliers le suivront avec la rapidité de l'éclair, la terre tremblera, martelée par les sabots de leurs chevaux, et le bruit de cette galopade résonnera par-delà les nuages. Nous avons dormi longtemps tandis qu'il se reposait, lui, l'invincible, et nous nous réveillerons pour son retour. .. Il entraînera les millions d'hommes d'Asie aujourd'hui assoupis à la conquête du monde, et partout où son armée purificatrice sera passée il ne restera rien, pas même un brin d'herbe ..."

Or à l'époque où Alexandra David-Neel rédigeait le manuscrit de son livre sur le Gesar de Ling, soit vers 1928-1929, un film paraissait sur les écrans européens, film allemand (1) si mes souvenirs sont exacts. Le titre était "Tempête sur l'Asie". Il décrivait la vie d'un jeune Mongol descendant de Gengis Khan, mais ignorant cette filiation. Un jour sa vie de prolétaire exploité par les Européens installés en Asie se trouvait brutalement modifiée par la révélation de ses origines. Et le film se terminait par une magistrale chevauchée des cavaliers mongols, déferlant sur l'Occident dans le vent soulevant une tempête de sable. D'où le titre du film : "Tempête sur l'Asie". Aujourd'hui, devant la permanence de cette tradition d'un messie asiatique devant balayer l'Occident et réformer le monde, je songe à une des phrases du poème épique né sur les hauts plateaux du "pays des neiges" et formulant le pourquoi de cette chevauchée : "Pour que la montagne ne soit pas plus haute que la vallée, et pour que la vallée ne soit pas plus basse que la montagne ..." Et en songeant aux Khmers rouges du Cambodge, cet évangile du nivellement nous fait froid dans le dos!

Car si Hitler et l'Allemagne hitlérienne avaient triomphé, si le débarquement avait été un échec dans les jours qui suivirent le 6 juin 1944, s'il n'y avait pas eu l'argument définitif du 6 août 1945 sur Hiroshima et du 9 août 1945 sur Nagasaki, si la Russie soviétique avait été anéantie militairement, qui sait si les alliés asiatiques de l'Allemagne nazie, renversant leur alliance, n'auraient pas brandi la lance aux trois queues, de cheval et repris la chevauchée de Tamerlan vers ce "pays des Etrangers",évoqué, avec quelle rancune, par le bouddhiste de Pékin…

Vous en doutez ? Mais souvenez-vous cependant du pacte Rome-Berlin-Tokyo, signé le 27 septembre 1940 entre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, complété en 1941 le 11 décembre et impliquant que les cosignataires s'engageaient à ne jamais signer de paix séparée. En ce pacte dit tripartite l'organisation de l'Europe était confiée à l'Allemagne et à l'Italie, et celle de l'Asie au Japon. Mais supposons que l'Allemagne et l'Italie aient été vaincues, mais pas le Japon, les Alliés ne possédant pas la bombe atomique. Or un Japon, ayant vaincu la Chine et devenu le maître en Asie, possède alors la capacité d'entraîner facilement une armée de plusieurs dizaines de millions d'hommes, sur un monde occidental usé par cette Seconde Guerre mondiale, et donc hors d'état de résister à une telle avalanche…

Et cependant, il y a encore à notre époque un certain nombre de dévots de "Notre-Dame-de-la-Larme-à-l'Œil" qui, oublieux des atrocités japonaises, se culpabilisent en songeant à Hiroshima ! Alors que les Bonnets noirs tibétains auraient vu se réaliser cette espérance formulée au VIIIe siècle par leurs chamans : le triomphe de ce que représente la doctrine de la croix cramponnée, le svastika sénestrogyre.[...]

Nous croyons utile de rappeler que Rudolf Steiner, le fondateur du système anthroposophiste, eut à subir une persécution intense de la part des hitlériens à Berlin (le 25 décembre 1929 ils avaient incendié son Goetheanum). Aussi pour éviter d'être assassiné par les S.A., se réfugia-t-il à Dornach en Suisse. Il avait commis l'imprudence d'expliquer sans détour, en des conférences qu'il avait données en 1917 et 1918, que des sociétés secrètes visaient à l'anéantissement et à la ruine de l'Occident. Voir pour cela Zeitgeschichtliche Betrachtungen (Observations sur l'Histoire, tomes 1 et 2), de cet auteur. Cela recoupe ce que nous révélait sans le vouloir Marquès-Rivière, quant à cette alliance du lamaïsme tibétain et de l'islamisme hindou. »

Robert Ambelain, "Les arcanes noirs de l'hitlérisme".


1) Tempête sur l'Asie (en russe : Potomok Tchingis-Khana, littéralement "Le Descendant de Gengis Khan") est un film soviétique réalisé par Vsevolod Poudovkine, sorti en Russie en novembre 1929.

L'histoire occulte et sanglante du pangermanisme :
1848-1945 (PDF gratuit ICI).

En 1946, au tribunal de Nuremberg, des rires secouent l’assistance. La Cour vient d’évoquer les rapports des chefs nazis avec l’astrologie, la magie et le tantrisme tibétain ou indien. Sitôt abordée, la question est étouffée.

Robert Ambelain a cru utile de la reprendre. Il démontre la montée progressive, sur plus d’un siècle, d’un pangermanisme plongeant ses racines dans un paganisme germano-scandinave que l’on croyait disparu. Il met au jour la vie cachée d’Hitler : ses véritables origines, ses instructeurs occultes, son rôle avoué de médium délirant. Un rôle reconnu par certains de ses fidèles, qui n’hésitaient pas à qualifier leur grand homme d’«être démoniaque»…

Robert Ambelain révèle que l’analyse de la croix gammée sénestrogyre à la lumière des nombres congruents donne le chiffre 666, qui est celui de la Bête de l’Apocalypse ; cette analyse désigne aussi Hitler comme "l’homme du mal" annoncé par saint Paul.

Enfin, l’auteur aborde la question des appuis financiers et industriels dont Hitler bénéficie à la naissance du national-socialisme, prodigués par ceux qui voyaient dans ce mouvement un rempart contre le bolchevisme.

Un ouvrage où les révélations abondent !


Monday, December 16, 2024

Bouddhisme "occidental" : énorme tromperie spirituelle


Bernard Faure, professeur d’histoire des religions
Université de Stanford, Californie, écrit :

« Les divinités courroucées du bouddhisme tibétain et mongol relèvent d’une violence symbolique dont on peut se demander si elle constitue le retour du refoulé, un exutoire à la violence réelle, ou au contraire son reflet, voire sa cause profonde.

Il faut bien avouer qu’au cours de son histoire mouvementée, le bouddhisme a bien souvent été du côté du manche. Car avec ses pouvoirs occultes, sa magie noire, il dispose d’armes surhumaines capables de détruire les démons. Qui sont les démons ? [...] Dans chaque camp, des prêtres tantriques ourdissent des sorts.

Bien sûr il faut choisir le camp de l’opprimé. Mais à long terme toute cette béatification aura des effets négatifs, quand on s’apercevra que le bouddhisme d'Hollywood est un mythe. »



POUR EN FINIR AVEC LES MENSONGES

AU SUJET D'UNE PSEUDO ECOLE DE "SAGESSE",

AUTHENTIQUE VOIE DE PERDITION SPIRITUELLE


Le bouddhisme bénéficie en Occident, fallacieusement, d’une aura de respect et de déférence, ceci participant de son image de non-violence, de sagesse et de sainteté, image qui est pourtant bien loin de correspondre à la réalité des faits. L’histoire démontre ainsi que le bouddhisme, loin d’avoir été la douce et bienfaisante école diffusant les préceptes du Bouddha (l’Eveillé), fut une entreprise qui ne dérogea pas à la règle commune de toutes les institutions religieuses mondaines, et épousa, avec un enthousiasme certain qui se traduira par des exactions sanguinaires, les thèmes les plus éculés de l’agressivité guerrière et belliqueuse, et, sous prétexte d’une ouverture « non-dualiste » à l’ensemble de la réalité phénoménale, se livra avec délectation au jeu pervers des déviations sexuelles outrées issues des reliquats des anciens cultes issus directement des tendances déviées du chamanisme.

Le bouddhisme tibétain est assez représentatif de cette attitude, ses différentes tendances ayant toujours exercé un pouvoir s’imposant comme une théocratie relativement oppressive et contraignante pendant des siècles. En effet, le Tibet fut soumis à un régime exclusif de servage exercé par les propriétaires terriens nobles, fonctionnaires et moines " bouddhistes ", servage souvent très oppressif : « Dans le Tibet, les prêtres détiennent la toute puissance, il s'agit d'une théocratie authentique où les pouvoirs absolus sont entre les mains d'un dieu réincarné. Les lamas ne sont plus seulement les juges, les instituteurs et les médecins, ils sont encore les plus riches propriétaires fonciers, les chefs politiques; outre les revenus qu'ils retirent des fermiers, ils exigent cadeaux et monnaies pour toute visite rituelle, toute bénédiction, toute cérémonie, la simonie est une loi rigoureusement appliquée.... » (R. Loup, Martyr au Tibet, Fribourg, 1950) .

De son côté, dans « Visa pour le Tibet » Alan Winnington parlera du lamaïsme comme d'une « religion mécanique » considérant le travail des classes laborieuses comme dû par simple obligation naturelle à l'égard des moines qui n'hésitèrent nullement à s'allier aux nobles pour les exploiter d'une manière scandaleuse. Son constat sur l'état de pauvreté indigente de la majorité des laïcs est frappant. Les châtiments corporels étaient d'une barbarie primaire, sachant que, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, les écoles rivales (Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa, Guélugpa) se livrèrent à des affrontements armés et à des exécutions sommaires d’une rare férocité, ce qui n’est pas sans quelques rapports avec l’univers spirituel du panthéon bouddhique, fleurissant de divinités plus terrifiantes et courroucées que franchement paisibles, images destinées à frapper l'imaginaire des fidèles, courbant l’échine devant une religion médiévale chargée d’un paganisme idolâtre exaltant les éléments naturels et les forces intermédiaires (esprits, puissances, etc), usant et abusant de la sorcellerie, ployant devant des superstitions ridicules, et surtout sollicités dans l'observance des préceptes en raison de leur « bienveillance matérielle », sonnante et trébuchante (au sens propre et figuré) à l'égard des religieux.

Il apparaît ainsi, que loin d’avoir été le royaume idéal consacré à « l’Eveil » selon les caduques images d’Epinal, le Tibet vécu dans l’oppression obscurantiste d’une religion théocratique se distinguant par un cléricalisme infiniment supérieur aux pires égarements du christianisme ; n’oublions-pas que dès le treizième siècle l'Empereur Kublai Khan créa le premier Grand Lama qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine envoya une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'était alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant l’ensemble du pays (ce n’est d’ailleurs pas une mince ironie de l’histoire que de constater que le premier Dalaï-lama fut installé par une armée chinoise…).

Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisira les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte, et détruisit même les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui succéda poursuivit une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de maîtresses licencieuses excitées par les pratiques tantriques les plus « endiablées », faisant la fête et agissant d’une manière peu conforme à une divinité incarnée. Pour cela, ce que nous cachent les pieuses hagiographies des ignorants bouddhistes occidentaux, il fut éliminé par ses prêtres. D’ailleurs durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de « dieux », cinq Dalaï-lama furent assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans !

De leur côté, loin d’être en reste vis-à-vis de leurs homologues tibétains, nombre des maîtres bouddhistes zen, ne se sont pas contentés d'être des complices muets du pouvoir impérialiste japonais pendant des siècles, mais sont devenus, particulièrement à compter de l’ère Meiji (XIXe) des idéologues ardents de la politique nationaliste, encourageant et légitimant la guerre et les exactions au nom, précisément, du bouddhisme.

Comme l'écrivit un enseignant zen américain, l'ouvrage de Brian Victoria, « Zen en guerre » (universitaire d'origine néo-zélandaise, devenu moine dans la tradition Zen, décrivant dans son livre avec précision l'implication des structures bouddhiques dans la politique expansionniste et militaire japonaise entre les années 1894-1945), abondamment documenté, fit l'effet « d'un missile à longue portée lancé depuis l'autre côté du monde qui touche en plein cœur les communautés zen occidentales ».

Ceux-là mêmes (pratiquants zenistes plutôt « alter-mondialistes » héritiers des valeurs de 68) qui croyaient, naïvement, le bouddhisme indemne des débordements du fanatisme religieux découvrent, avec frisson, que les écoles zen (Soto shû, Rinzaï shû, Nichiren shû, etc.), lorsqu'elles ne priaient pas pour la gloire de l'empereur et du Japon, préparaient leurs fidèles à la guerre totale. Ce livre courageux est à lire impérativement par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du bouddhisme extrême-oriental ainsi qu'à ses dérives. Bénédiction des drapeaux, croisade pour la défense de la civilisation, théories suspectes de la guerre juste, on croyait ces images et ces thèmes réservés à l'Occident ; or les « dits » maîtres de « l’illumination » ont démontré sur ce sujet un zèle incroyable dans l’exaltation de la guerre génocidaire (Mandchourie, Corée, etc.), du meurtre systématique, du terrorisme et de la violence sous couvert d’indifférente impassibilité.

La compassion bouddhiste, bien loin de protéger l'Asie de pareilles dérives, participa à la mise en œuvre d’une idéologie guerrière au service d'un pouvoir agressif et ultra-impérialiste. Les plus grands maîtres (Kôdô Sawaki, Yamada Reirin, Hitane Jôzan), jusqu’au célèbre D. T. Suzuki, ont légitimé l'alliance entre le sabre et le Zen. Collecte de fonds pour l'effort de guerre, cérémonies spéciales pour l'obtention de la victoire, création de centres d'instruction, activités de renseignement, endoctrinement des populations, cette collusion n'a pas cessé en 1945, elle s'est métamorphosée dans le fameux « Zen d'entreprise », du Japon en plein essor.

Le pouvoir impérial a réussi à fabriquer de toutes pièces, avec la complicité des maîtres de sagesse, une « âme du Japon éternel » inquiétante. L'Occident n'est donc pas seul, loin de là, à porter la lourde tâche d'une impérative interrogation sérieuse des origines et de la nature des déviances totalitaires du siècle venant de s'écouler.

Mais le plus grave est sans aucun doute l’énorme tromperie spirituelle que représente cette prétendue philosophie de sagesse qu’est le bouddhisme. Entouré d’un prestige tenant à la méconnaissance des occidentaux à l’égard de ses sources réelles, le bouddhisme est d’une nature bien différente des stupides clichés pour touristes fatigués et dépressifs en mal d’exotisme qui nous sont généreusement octroyés depuis des décennies par de nombreux canaux (livres, journaux, revues, télés, films, etc.), sans compter sur le soutien indirect, mais cependant fort actif et utile, des tenants de la « Tradition » à la mode guénono-schuonienne qui nous chantent sur un air usé jusqu’à la corde qui est devenu aujourd’hui risible, le lassant et mensonger refrain de « l’unité transcendante des religions ».

A ce titre, fort instructive est l’histoire de June Campbell qu’elle a racontée dans un livre émouvant paru en 1996 sous le titre Traveller in Space: Gender, Identity and Tibetan Buddhism [Voyageur de l’espace : sexe, identité et bouddhisme tibétain], June Campbell qui joua un rôle important auprès d’un maître extrêmement vénéré du bouddhisme tibétain puisqu’elle fut l'interprète du célèbre Kalou Rinpoché. Etant directement à son service, elle ne souffrait pas de la pression des échelons intermédiaires souvent très perceptible et dérangeante dans ces écoles, et était donc dans des conditions parfaites pour faire un « beau voyage spirituel » au service de ce très digne moine.

Cependant, il lui fallut, raconte-t-elle dans son livre, accepter les relations sexuelles que le maître exigea d'elle ( il était un « chaste » moine portant la robe et visiblement astreint à leurs voeux), puis les relations sexuelles avec l'un de ses proches, un parent à lui, c'est à dire sans doute une forme courante de la polyandrie répandue dans les cultures himalayennes. Enfin une deuxième maîtresse, beaucoup plus jeune évidemment et aux charmes « spirituels » supérieurs, fut introduite dans l’intimité des deux hommes et June dut accepter la nouvelle venue (qui mourut d'ailleurs prématurément sans doute en raison de quelques excessives "ascèses " sexuelles).

A l'issue de l'expérience, c'est à dire après la mort du vénérable Kalou, June mit près de quatorze années avant de pouvoir se résoudre à raconter son histoire. Et ce n'est pas un merveilleux voyage qu'elle raconte, mais l'histoire d'un douloureuse souffrance. Les deux hommes ayant exigé d'elle l'absolu secret sur ces relations qui auraient terni l'image du maître si elles étaient venues à la connaissance des disciples ; June se sentit, selon ses mots, « abused » (abusée, flouée, trompée), et mit longtemps pour se reconstruire.

Rappelons pour les moins avertis, que le fameux Kalou Rinpoché était sans doute le moine le plus réputé en Occident dans son école. Il était, et est reconnu comme un véritable « bodhisattva », beaucoup d’occidentaux « abusés », et non des moindres, s’étant mis à l’école de ce maître tantrique dispensant les fondements du Vajrayana. Le voyage de sa disciple fut cependant décevant, et on imagine sans peine ce que cela doit être que de suivre aveuglément des maîtres encore moins accomplis, de moindre exigence ou de moindre expérience.

A ce titre, fort instructive est l’histoire de June Campbell qu’elle a racontée dans un livre émouvant paru en 1996 sous le titre Traveller in Space: Gender, Identity and Tibetan Buddhism [Voyageur de l’espace : sexe, identité et bouddhisme tibétain], June Campbell qui joua un rôle important auprès d’un maître extrêmement vénéré du bouddhisme tibétain puisqu’elle fut l'interprète du célèbre Kalou Rinpoché. Etant directement à son service, elle ne souffrait pas de la pression des échelons intermédiaires souvent très perceptible et dérangeante dans ces écoles, et était donc dans des conditions parfaites pour faire un « beau voyage spirituel » au service de ce très digne moine.

Cependant, il lui fallut, raconte-t-elle dans son livre, accepter les relations sexuelles que le maître exigea d'elle ( il était un « chaste » moine portant la robe et visiblement astreint à leurs voeux), puis les relations sexuelles avec l'un de ses proches, un parent à lui, c'est à dire sans doute une forme courante de la polyandrie répandue dans les cultures himalayennes. Enfin une deuxième maîtresse, beaucoup plus jeune évidemment et aux charmes « spirituels » supérieurs, fut introduite dans l’intimité des deux hommes et June dut accepter la nouvelle venue (qui mourut d'ailleurs prématurément sans doute en raison de quelques excessives "ascèses " sexuelles).

A l'issue de l'expérience, c'est à dire après la mort du vénérable Kalou, June mit près de quatorze années avant de pouvoir se résoudre à raconter son histoire. Et ce n'est pas un merveilleux voyage qu'elle raconte, mais l'histoire d'un douloureuse souffrance. Les deux hommes ayant exigé d'elle l'absolu secret sur ces relations qui auraient terni l'image du maître si elles étaient venues à la connaissance des disciples ; June se sentit, selon ses mots, « abused » (abusée, flouée, trompée), et mit longtemps pour se reconstruire.
Rappelons pour les moins avertis, que le fameux Kalou Rinpoché était sans doute le moine le plus réputé en Occident dans son école. Il était, et est reconnu comme un véritable « bodhisattva », beaucoup d’occidentaux « abusés », et non des moindres, s’étant mis à l’école de ce maître tantrique dispensant les fondements du Vajrayana. Le voyage de sa disciple fut cependant décevant, et on imagine sans peine ce que cela doit être que de suivre aveuglément des maîtres encore moins accomplis, de moindre exigence ou de moindre expérience.

Le bouddhisme, qui sous couvert d’apprentissage d’innocentes techniques méditatives dont l’Occident aurait perdu la pratique selon les ridicules et absurdes thèses guénoniennes, alors même que l’on sait qu’il n’est jamais anodin de se livrer à des exercices qui véhiculent clairement des influences spirituelles bien définies et à l’évidence douteuses puisque sous-tendues par des principes contraires à l’enseignement des Ecritures, rien n’étant jamais « neutre » dans ces domaines contrairement à ce que l’on veut faire croire aux esprits crédules, le bouddhisme donc, dans ses différentes versions (Tibet, Japon, Chine, Corée), doit être de ce fait dénoncé pour ce qu’il est, c’est-à-dire un piège dangereux pour un chrétien, une voie sans issue à éviter, un itinéraire moralement périlleux pour une âme véritablement en quête de la Vérité, un cheminement incompatible avec les saintes lumières de la Révélation.

Zacharias, Les ignobles vérités du bouddhisme.

Tuesday, December 10, 2024

Qui a protégé Sogyal Rinpoché, un lama tibétain pédocriminel ?

 




Sogyal Rinpoché (1947-2019) était le gourou tyrannique et lubrique du centre bouddhiste Lerab Ling, situé dans l'Hérault à une heure de route de Montpellier.

En 2008, le lieu avait été inauguré en grande pompe en présence du dalaï-lama, mais aussi de l'élite républicaine de l'époque : Carla Bruni-Sarkozy, Rama Yade, Alain Juppé ou encore Bernard Kouchner... Tout ce beau monde connaissait probablement les étranges méthodes employées par le gourou tibétain pour que ses disciples accèdent à "l'éveil".


Les artisans et les ouvriers qui travaillaient à Lérab Ling n'ignoraient pas, eux, que les disciples des lamas tibétains "se tapaient des fillettes"... (Christian Combaz, vidéo à partir de 10:05)


*******

Huit de ses plus proches étudiants du lama tibétain Sogyal Rinpoché avaient dénoncé les "abus physiques, émotionnels et sexuels", ainsi que le mode de vie "extravagant" de leur gourou.

Un document confirme l’emprise tyrannique de cette éminente figure du bouddhisme qui agissait en toute impunité depuis plus de 25 ans...

https://www.marianne.net/societe/violences-abus-sexuels-le-scandale-qui-deshonore-le-bouddhisme




Sunday, December 08, 2024

Kalou Rinpoché




« ...lorsque j'ai eu 12, 13 ans j'ai été sexuellement abusé par d'autres moines ... Mon propre tuteur a essayé de me tuer, c'est la vérité et à cette époque j'étais très traditionnel. Un très bon bouddhiste traditionnel. Ils ont essayé de me tuer parce que, vous savez, je n'ai pas fait ce qu'ils voulaient que je fasse. »

(... when I was like 12 and 13 I've been sexually abused by other monks ... My own Tutor, he tried to kill me, that's the truth and I was at that time I was really traditional.Very good traditional Buddhist practitioner.They tried to kill me because you know, I am not doing what they want me to do.)


Kalou Rinpoché, 22 ans, est l’une des étoiles les plus brillantes et l’un des plus grands espoirs du Bouddhisme tibétain. Il est à la tête d’une multinationale du bouddhisme tibétain mondiale comprenant 44 monastères et centres d’enseignement, dont 16 aux États Unis, qui drainent des milliers d’étudiants et de disciples. Il a hérité de bon nombre de ces adeptes, ayant été reconnu à l’âge de 2 ans comme la réincarnation de Kalou Rinpoché, décédé en 1989 et qui fut l’un des lamas les plus influents en Occident en dehors du Dalaï-lama.


Le Jeune Kalou voyage partout dans le monde, le plus souvent seul, pour rendre visite à ses centres de méditation et à ses monastères, ou juste pour s’amuser dans des pays où les visas sont accordés facilement. Son véritable monastère est en ligne – Kalou se qualifie lui-même de « premier Facebook rinpoché », gérant un réseau de pages personnelles et publiques avec des milliers d’amis et de « j’aime ». « La plupart sont des jeunes de son âge qui ont découvert qu’il était plutôt cool de recevoir un message personnel d’un lama authentique.


Kalou est un beau jeune homme lisse, agile, aux tempes dégarnies, avec de longues pattes, et une casquette de roadster blanche – quelque chose comme la version branchée d’un caddy de golf. Une ambiance pop star émane de lui, assez appropriée compte tenu de son style de vie. Après une série de sessions sur Skype, notre première constatation est qu’il se trouve dans un hôtel à Hong Kong, et non en Inde, comme ses posts sur facebook pourrait le faire croire à ses « amis ». Il aime aussi jouer avec son identité. Ce printemps, sa page facebook personnelle a affiché les noms divers de Kalu André (il adore Paris et en est parti uniquement parce que son visa avait expiré), Kalu Skrilles (il est fan de Skrillex), et George Kalooni (juste parce que).


Né dans une famille tibétaine privilégiée, vivant à la fois en Inde et au Bhoutan, Kalou a absorbé la culture occidentale au compte-goutte quand il était enfant dans son monastère près de Darjeeling, en Inde. « Nous étions 200 à partager un petit poste de télé », dit-il. « Nous regardions Van Damme et Arnold Schwarzenegger ». Il a appris l’argot anglais en regardant des films américains et en écoutant de la musique (les Backstreet Boys étaient à la mode). « Depuis que je suis gamin », dit-il, « je ne me suis jamais dit « c’est l’Occident ». Je me suis dit « c’est la réalité, c’est ce que je veux ». Quand il a quitté la vie monastique il y a deux ans, pour débuter sa carrière d’émissaire mondial, il a avalé une décennie de culture populaire en une seule bouchée de géant. Ses préférés sont, en musique, Foster the People et Deadmau ; à la télé, Gossip Girl (plein de coups de théâtre), et au cinéma, The Hangover. « Je suis fan du premier, le second n’était pas aussi bon », dit-il. « J’aime Bradley Cooper. Il est très séduisant. »


Malgré tous les plaisirs d’une vie sociale en réseau, Kalou est solitaire, Petit Prince bouddhiste à la dérive sur une cyber-astéroide. « En fait, je n’ai jamais eu de vrai ami », dit-il. « Je n’ai jamais senti que telle ou telle personne était mon ou ma meilleure ami(e). Avoir quelqu’un dans sa vie est une autre histoire. » Il y a un an environ, il a failli se marier avec une jeune tibétaine fortunée, et en ce moment il fait une pause avec sa petite amie argentine. Un peu plus tard cependant, il s’excuse d’avoir dit qu’il n’avait pas d’amis – « J’étais un peu éméché et déprimé » - et le réitère presque mot pour mot, mais en disant de la solitude qu’il « peut la gérer ».


Pour apprécier Kalou il faut voir en lui deux choses en même temps. C’est un gamin tourmenté et un adepte spirituel dont les dons ont été affinés au cours de la traditionnelle retraite de 3 ans qu’il a faite à l’adolescence – dont la dernière année a été consacrée à la pratique quasi constante de la méditation et du yoga.


Kalou reconnaît qu’il est temps de contrôler un peu mieux une vie qui a été marquée par un chaos émotionnel. Il a mis de côté son projet d’étude des religions comparées au sein d’une université américaine, afin de garder un peu d’autorité sur son organisation. Pourtant, les lamas supérieurs de son ordre ont du intervenir pour combler le vide créé par son mode de vie bohème et sa propension à dire tout ce qui lui vient à l’esprit.


Après une session d’enseignement à Vancouver, quelqu’un dans l’auditoire a interrogé Kalou sur les abus sexuels dans les monastères. Il a répondu qu’il y était sensible parce que lui-même avait été agressé. Cela a semblé briser le mur qui avait séparé hermétiquement ses traumatismes personnels de son personnage public souriant, qui avait l’aura d’un Dalaï-lama plus actuel et plus branché. Deux mois plus tard, Kalou a regagné son port d’attache temporaire à Paris, où il a tourné une vidéo qu’il a posté sur facebook. Intitulée « les confessions de Kalou Rinpoché », la vidéo a connu un succès modeste sur YouTube, et a fait de lui un paria dans le monde du bouddhisme tibétain traditionnel, et un héros de la conscience pour certains Occidentaux. (vidéo ci-dessus)


Dans la vidéo, Kalou est assis, vêtu d’une parka à capuche, et il dit à la caméra qu’au début de son adolescence il a été « abusé sexuellement par des moines plus âgés », et que quand il avait 18 ans son tuteur au monastère l’a menacé avec un couteau. « Et c’est une question d’argent, de pouvoir, de contrôle… et ensuite je suis devenu toxico à cause de tous ces malentendus, et je suis devenu fou ». Vers la fin de la vidéo, il dit dans un murmure qui parait presque suicidaire : « En tous cas, je vous aime. Prenez soin de vous, je suis heureux de la vie que je mène ».


Pour ceux qui ne connaissent que l’imagerie hollywoodienne de Little Buddha et de Kundun, et le sourire béat de sa Sainteté le Dalaï-lama, il est presque incompréhensible que le Bouddhisme tibétain ait ses propres problèmes, dans le style de ceux de l’Église Catholique. Mais Kalou dit que dans les premières années de son adolescence, il a été abusé sexuellement par une bande de moines plus âgés qui se rendaient dans sa chambre chaque semaine. Quand j’aborde la notion d’ « attouchements », il éclate d’un rire tendu. C’était du sexe hard-core, dit-il, avec pénétration. « La plupart du temps ils venaient seuls », dit-il. « Ils frappaient violemment à la porte et je devais ouvrir. Je savais ce qui allait se passer, et après on finit par s’habituer ». C’est seulement après son retour au monastère après la retraite de trois ans, qu’il a réalisé à quel point cette pratique était incorrect. Il dit qu’à ce moment là le cycle avait recommencé sur une plus jeune génération de victimes.


Les allégations de Kalou concernant les abus sexuels ressemblent à celles de Lodoe Senge, un tulku de 23 ans, ex-moine, qui vit dans le Queens à New York. « Quand j’ai vu la vidéo », dit-il en parlant de la confession de Kalou, « je me suis dit « merde, ce mec a les couilles d’en parler alors que moi je n’ai même pas eu le courage de le dire à mon amie ». Senge dit qu’il a été abusé quand il avait 5 ans par son propre tuteur, un homme proche de la trentaine, dans un monastère en Inde.


L’altercation entre Kalou et son tuteur monastique n’avait rien d’habituel. D’après Kalou, après son retour de retraite, lui et son tuteur se disputaient au sujet de sa décision de remplacer ledit tuteur. Le moine plus âgé partit en colère, et revint avec un grand couteau. Kalou se barricada dans la chambre de son nouveau tuteur, mais il dit que le moine furieux défonça la porte en criant « j’en ai rien à foutre de toi, de ta réincarnation. Je peux te tuer tout de suite et nous pouvons reconnaître un autre garçon, un autre Kalou Rinpoché ! ». Kalu se réfugia dans la salle de bain, mais le tuteur défonça aussi la porte. Kalu se souvient, « Vous vous dites, « Ok, c’est la fin, ça y est ». Heureusement, d’autres moines avaient entendu le vacarme et se sont précipités pour maîtriser le tuteur. Après l’attaque, Kalu dit que sa mère et plusieurs de ses sœurs (le père de Kalou est mort quand il était enfant) prirent le parti du tuteur. Il en fut si désemparé qu’il se sauva du monastère et s’embarqua dans une beuverie de six mois à Bangkok, consommant drogue et alcool, dans une version tibétaine plus extrême d’un rumspringa amish (Rite de passage de la communauté Amish, au cours duquel les adolescents sont temporairement libérés de leur Église et de ses règles afin de découvrir le monde moderne).


Par la suite, un maître plus âgé persuada Kalou de continuer à être un lama en dehors du monastère et sans l’habit de moine, ce qui est un arrangement assez courant. Kalou ne dit jamais à son maître quelles avaient été les raisons de sa fuite, un niveau de décorum qui peut sembler bizarre selon les critères occidentaux – mais Kalou dit qu’une forme d’omerta sévit dans le Bouddhisme tibétain.


Les médias occidentaux bouddhistes ont à peine évoqué l’histoire de Kalu, ce qui peut constituer une autre forme de décorum : ils ne veulent pas démoraliser les américains convertis au Bouddhisme ou faire des vagues parmi les bouddhistes tibétains influents. Mais certains jeunes bouddhistes occidentaux, comme Ashoka et son demi-frère Gesar Mukpo, qui a réalisé le documentaire Tulku en 2009, disent trouver l’honnêteté brute de Kalou inspirante. Ruben Derksen, tulkou hollandais de 26 ans qui apparaît dans le film de Gesar, dit qu’il est grand temps de « lever le voile et de démystifier les institutions du Bouddhisme tibétain ». Derksen, qui a passé trois ans dans un monastère en Inde quand il était enfant, souhaite attirer l’attention sur les violences physiques qui sont une pratique régulière là-bas. « J’ai rencontré Richard Gere et Steven Seagal, et ils n’ont rien vu de tout ça », dit-il. « Quand des célébrités ou des étrangers sont par là, on ne bat pas les enfants ».


Les révélations de Kalou ont doucement secoué l’institution bouddhiste tibétaine, et même certaines de ses figures les plus distinguées ont été prises de cours.


Robert Thurman, professeur à l’Université de Columbia et confident américain du Dalaï-lama, dit de la vidéo de Kalou, « j’ai pensé que c’était une des choses les plus réelles que j’ai vues ». Au sujet de l’incident du couteau, que certains pourront trouver difficile à croire, Thurman a écrit dans un mail ultérieur, « malheureusement, tout ça me paraît très crédible… ça dégage juste une odeur nauséabonde ».


Dzongsar Khyentsé Rinpoché, le lama réalisateur de La Coupe, un film assez peu sentimental sur des enfants tibétains qui apprennent à être moines, est aussi concerné par les abus sexuels dans les monastères. « Je pense que cela mériterait d’être examiné », dit-il. « Il est très important que les gens n’oublient pas : le Bouddhisme et les Bouddhistes sont deux entités différentes. Le Bouddhisme est parfait ». Il laisse entendre que les Bouddhistes ne le sont pas.


En Kalu il y a un réformateur qui se bat pour se sortir de son statut de victime qui s’apitoie sur son sort. Il projette d’ouvrir sa propre école au Bhoutan et d’interdire à ses monastères d’accepter des enfants. Il peste contre le coût humain du système monastique, qui consomme des milliers d’enfants, simples moines et tulkous vénérés, sans leur fournir d’éducation pratique ou de solution de repli, tout ça pour produire une poignée de maître spirituels commercialement brillants. « Le système des tulkous c’est comme des robots », dit-il. « Vous construisez 100 robots, et peut-être que 20 % réussiront alors que 80 % seront mis au rebut. »

Article de Joseph Hooper, « Partis de leur OM, les lamas perdus du bouddhisme »
http://www.details.com/culture-trends/critical-eye/201208/leaving-om-new-buddhist-lifestyle


Kalu Skrilles sur facebook
http://www.facebook.com/kalu.skrilles


Confessions of Kalu Rinpoche
http://spiceyourday.com/?p=176


L'autre face du bouddhisme tibétain






Frank Dillane dans le rôle d'Alex Harmann


"Astral, nous dit Wikipédia, est un film dramatique horrifique britannique réalisé par Chris Mul, sorti en 2018.

Alex Harmann était encore jeune, lorsque sa mère s'est suicidée. Devenu étudiant, il essaie la projection astrale afin de renouer le contact avec sa mère. Après cette expérience, tout vire au cauchemar."

Alex, qui porte en permanence autour de son cou le double dorje du lamaïsme, est possédé par un démon. Durant le rite d'exorcisme, il tente de tuer sa petite amie. Celle-ci, en se débattant, parvient à arracher le bijou maléfique et mettre fin à la possession d'Alex.

L'autre face du bouddhisme tibétain

Au début des années soixante, prend naissance le mouvement du Nouvel Age qui rejette les valeurs matérialistes de la société de consommation. A cette époque, dès 1959, le dalaï-lama, les riches prélats et l'aristocratie tibétaine s'installent en Inde et incarnent la lutte des spiritualistes et des « initiés » contre l'ogre chinois communiste et matérialiste.

La guerre froide opposera l'Amérique et ses alliés aux puissances communistes jusqu'à la chute du mur de Berlin. Durant cette période le Nouvel Age et le lamaïsme rencontreront un étonnant succès. En 1960, la Fondation Rockefeller implante huit centres d'études tibétaines aux USA et invite 17 lamas tibétains. Le Dalaï-lama devient rapidement le chef de file emblématique d’un nouveau spiritualisme newageux.

Qui voit la véritable nature du lamaïsme ?

Il faut croire que l'amour d'une prétendue sagesse tibétaine rend aveugle. En effet, quand le musée Guimet expose, du 6 novembre 2002 au 24 février 2003, les objets liturgiques et les visions secrètes du Ve dalaï-lama représentées dans le "Manuscrit d'or", qui s'indigne des rituels comprenant une tête humaine fraîchement coupée, un cœur d'enfant et d'autres organes ?

Un rituel du Ve dalaï-lama est véritablement infernal et utilise du sang humain à la place d'eau lustrale, un cœur et des yeux en guise de fleurs. De la chair humaine brûlante remplace l'encens. Les lampes rituelles sont alimentées par de la graisse humaine fondue. Des tormas (gâteaux d'offrande) sont faites de chair et d'os...

Les spécialistes de la religion tibétaine n'ignorent pas que des lamas ont réellement utilisé ces ingrédients dans de répugnants rituels et n'ont pas reculé devant le sacrifice humain. Sir Charles Alfred Bell (1870-1945), chargé des relations diplomatiques du gouvernement britannique avec le Tibet et le Bhoutan, évoque le sacrifice d’enfants dans l’un de ses livres. Ces spécialistes du Tibet, souvent des professeurs de l'enseignement public et laïque, se taisent sur les crimes du lamaïsme parce qu'ils sont soumis aux lamas tibétains par des samayas (serments initiatiques d'allégeance). Mais ils font ouvertement l'apologie des doctrines tibétaines les plus acceptables. Dans l'un de ces livres Michel Strickmann dénonce cette situation en ces termes : « Des relents d’un exotisme qui fait long feu ont encouragé les pires formes d’esprit sectaire à pénétrer dans les institutions laïques, où aucun apologiste chrétien ne serait jamais autorisé à prêcher ou à enseigner ainsi. Les études tantriques et taoïstes ont été imprégnées de cette ambivalence. Le chercheur occidental, soi-disant objectif, se transforme soudain en apôtre et en crypto-initié, regrettant seulement que son engagement spirituel ne l’autorise pas à vous confier les faits dont il détient le secret. »

L'omerta

Les convertis au bouddhisme magique du Tibet ne peuvent pas critiquer les enseignements des lamas. La critique, considérée comme une rupture du serment initiatique, est punie de mort. Ce sont les dharmapalas, démons gardiens de la doctrine, qui feraient office d'exécuteurs des hautes œuvres, de bourreaux invisibles du lamaïsme.

Le bouddhisme tibétain light

Le silence des convertis permet la diffusion d'un bouddhisme tibétain allégé. « Si, dans nos pays, écrit Elisabeth Martens, le Bouddhisme tibétain ne fait pas énormément de convertis effectifs et reste un phénomène assez marginal, il s'immisce toutefois de manière continue et insidieuse jusqu'au cœur de nos foyers douillets. Ce n'est pas tant l'enseignement du Bouddha qui nous pénètre, mais un vocabulaire et une manière d’être, épousés, souvent inconsciemment, par un public de plus en plus large. La tranche de la population susceptible d'être touchée en premier, c'est nous : petits-bourgeois moyens, assis plus ou moins confortablement dans nos névroses et nous débattant avec plus ou moins de vigueur pour parvenir à un bonheur ronronnant et une bonne santé relative. Le BT-light - traduisons : le Bouddhisme tibétain à doses homéopathiques - n'exige pas de nous une conversion radicale. Si le cœur nous en dit, nous pouvons même garder la religion de notre baptême, telle est la grande tolérance du Bouddhisme ! Pour adhérer au BT-light, il suffit d’adopter un langage pacifiste, ouvert, compatissant, et d'afficher le sourire correspondant. Le drapé rouge-orangé est de bon ton aussi, tandis que sandalettes, carpettes et trompettes se procurent sur le site de Sa Sainteté.

Un catalogue « Agenda Plus » - que vous trouverez dans n’importe quelle bonne épicerie bio - vous offre un « condensé sucré » de pratiques qui, de près et de loin, font allusion au Bouddhisme tibétain. C’est que le BT-light se meut avec aisance parmi les nombreux satellites du New Age ! De même qu'avant la Seconde Guerre Mondiale, avec la Théosophie, l'Anthroposophie, les « Amis de Rampa », l’École Arcane, etc., les mouvements du New Age ont aujourd’hui le vent en poupe ; et, de même, ils utilisent un vocabulaire emprunté au Bouddhisme tibétain. L'extraordinaire production du New Age va bien au-delà d'un phénomène de mode. Un siècle après son envol, nous voguons encore entre ses multiples galaxies : une petite cure de massage ayurvédique sur l'une, un pique-nique macrobiotique sur une autre, puis c’est une troisième qui nous ouvre les bras pour une séance de Shambala-yoga..., et pourquoi ne pas finir la soirée sur un air de bio-danza, mariage sacré du Yin-Yang assuré ! Au préalable, n'oublions pas de tirer les cartes du Tarot ou les baguettes du Yi King afin de nous assurer un bon Feng Shui : garantie nécessaire pour réussir à vivre, de l'intérieur, notre spiritualité particulièrement dense ! Ces multiples pratiques se concentrent exclusivement sur le développement de l'individu et la « recherche de soi ». Comme dissolution de l'ego, on peut trouver mieux ! Tout cela est très amusant et peut effectivement apporter un certain épanouissement à beaucoup d’entre nous, mais faut-il oublier pour autant que le New Age est soutenu par une trame ultraconservatrice dont l'objectif inavouable est de désamorcer notre esprit critique ? »


Elisabeth Martens, "Histoire du bouddhisme tibétain, la compassion des Puissants"


Monday, December 02, 2024

Les penchants de Sa Sainteté



Après la vidéo controversée du Dalaï-Lama tentant d'embrasser un enfant sur la bouche et lui demandant de lui sucer la langue, d'autres images polémiques font surface, alimentant les critiques à l'égard du chef spirituel.

Le Dalaï-Lama est une nouvelle fois au centre des critiques. Si récemment il a été contraint de s'excuser après avoir tenté d'embrasser un enfant sur la bouche et lui avoir demandé de lui sucer la langue, de nouvelles vidéos embarrassantes pour le chef spirituel circulent désormais sur les réseaux sociaux.

En effet, une vidéo montre notamment l'homme âgé de 87 ans en train de caresser continuellement le bras d'une jeune fille assise à côté de lui lors d'un événement public. On ne sait pas quand ni où la vidéo a été enregistrée.



Une autre vidéo qui fait le tour des réseaux sociaux est une rencontre, en 2016, entre le Dalaï-Lama et Lady Gaga. Dans ce cas, la situation embarrassante s'est déroulée lors d'une conférence sur la santé mentale dans l'Indiana (Etats-Unis), qui visait à soutenir les personnes éprouvant des difficultés physiques et psychologiques.

(...) on peut voir le chef spirituel, assis à côté de la chanteuse, toucher la cuisse de Lady Gaga à plusieurs reprises, la mettant mal à l'aise.




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Scandale sexuel dans le bouddhisme 

Suite à la diffusion du documentaire sur les violences et abus sexuels dans le bouddhisme, Matthieu Ricard a réagi :

"Le Dalaï lama ne peut pas être au courant de ce qu'il se passe dans le monde entier."




Matthieu Ricard et l'abominable gourou des neiges, le lama tibétain Sogyal accusé par ses élèves de "viols, coups, emprise mentale".


Sunday, October 27, 2024

Le gourou de la Riviera et la contre-initiation





Le 10 mai 1925, la franc-maçonne Alexandra David-Néel (1868-1969) est de retour en France après quatorze années de pérégrinations orientales. Ses conférences et ses écrits renforceront le mythe du Tibet qui se répand en Occident. Alexandra, qui était dans sa jeunesse proche de l’anarchiste Elisée Reclus (1830-1905), ne dénoncera pas l’odieux servage féodal de la société lamaïste. Elle songe à son succès. Or, le succès s’accommode mal de la triste réalité.

Le livre qui sera son chef-d’œuvre, « Mystiques et magiciens du Tibet », édité le 4 décembre 1929, accorde une large part aux prodiges. Il évoque une Thébaïde lamaïste où les ascètes maîtrisent d’étonnants pouvoirs surnaturels. Des yogis, sont capables d’élever leur chaleur corporelle jusqu’à faire fondre la neige autour d’eux. D’autres, les « loung-gom-pa », parcourent des distances de plusieurs centaines de kilomètres sans arrêt et à vive allure. Clairvoyance, lévitation, télépathie, réanimation d’un cadavre et les nombreux phénomènes insolites relatés par Alexandra David-Neel fascineront plusieurs générations de lecteurs.

La femme aux semelles de vent disposait de puissants soutiens. « Depuis son retour, écrit Jacques Brosse (1), Alexandra David-Neel n’a guère pris le temps de souffler. Il lui a fallu satisfaire d’abord les journaux qui, tous, sollicitent des articles ; elle en publie une vingtaine dans « le Matin », une agence américaine lui en commande une série qui sera diffusée dans deux cents journaux, enfin le grand éditeur new-yorquais Harper lui achète immédiatement les droits de la relation de voyage qu’elle écrira, afin de s’en assurer la priorité. La France entière veut avoir vu celle qui est devenue une héroïne nationale et elle va partout où on la réclame. En 1926, Alexandra parcourt la France pendant les mois de janvier et février, de Dijon et Clermont-Ferrand à Nice et Marseille. En mars, elle est à Paris où, reçue au Collège de France par son ami, le professeur d’Arsonval, elle donne une conférence sur la métapsychique et l’opinion scientifique ; en avril, puis encore en octobre et novembre, nouvelle tournées de conférences. En 1927, ce train d’enfer s’apaise et lui laisse enfin quelque loisir qu’elle consacre à la rédaction de ces livres que tout le monde attend. En avril, à Paris, elle donne plusieurs conférences à la Société théosophique, mais aussi au musée Guimet, où l’accueille le grand tibétologue français Jacques Bacot, et encore une fois au Collège de France. C’est son triomphe, les orientalistes ont enfin cessé de la bouder, ils sont bien obligés de reconnaître que son expérience est unique. En mai, un nouveau cycle de conférences la conduit à Tonnerre, à Dijon, à Annecy, à Genève. »

Quelques temps après la parution de « Mystiques et magiciens du Tibet », un Occidental converti au bouddhisme fait parler de lui sur la Côte d'Azur. Introduit dans le milieu bouddhiste de Nice, Grasse et Antibes sous le nom d'abbé Chao-Kung, l’ecclésiastique tondu est hébergé par Lucien Ehret, ancien capitaine au long cours et explorateur du Japon. Chao-Kung donne des conférences chez Blanche Rondeau, dans la somptueuse propriété du Cap d'Antibes où sont invités d'éminents spécialistes du bouddhisme et des intellectuels venus de l'Europe entière : Krishnamurti, le docteur Grimm de Münich, Rabindranath Tagore ou encore Lady Rothermere, la première traductrice de Gide.

L’abbé bouddhiste se nomme en réalité Trebitsch Lincoln (1879-1943), c’est un juif hongrois converti d'abord au christianisme, puis ensuite au bouddhisme. Le religieux n’est pas un innocent contemplatif, il travaille pour plusieurs services secrets et s’intéresse au nazisme et au Tibet.

Le livre d’Alexandre Grigoriantz, « Le gourou de la Riviera », retrace l’histoire d’un aventurier de haut vol. Le puissant magnétisme du gourou subjugue plusieurs dizaines de disciples et certains quittent tout pour suivre le maître bouddhiste. En 1933, seize disciples, après avoir fait vœux d’obéissance et remis leurs biens à leur gourou, s’embarquent avec lui pour Shanghai. L’aventure se terminera tragiquement, trois perdront la vie et les autres seront emportés dans la tourmente qui frappera la Chine. Pour Guénon, Trebitsch Lincoln était un « agent de la contre-initiation », c’est-à-dire un instrument de forces occultes qui contrecarrent la véritable spiritualisation de l'humanité.

Trebitsch Lincoln préfigurait les gourous qui jettent leur dévolu sur l’Occident depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui. Contrairement aux sages d’autrefois, les maîtres du néo-spiritualisme se distinguent dans l’art de parasiter leurs disciples et de mener grand train avec l’argent des plus naïfs. Ce parasitisme matériel fait écho à une prédation subtile. En effet, les pratiques méditatives et les invocations ne sont pas dénuées de risques (2). L’intérêt pour les expériences psychiques du nouveau spiritualisme supprime toutes les précautions traditionnelles à l’égard du monde psychiques et des redoutables influences errantes maquillées en Dakinis tantriques ou en maîtres ascensionnés. Des pratiques transforment des spiritualistes imprudents en pâtures vivantes. William Chittick, traducteur des œuvres de Ibn al-‘Arabi, écrit :


« Ceux qui connaissent bien les standards et normes de l’expérience spirituelle établis par des disciplines comme le Soufisme par exemple, sont généralement consternés lorsqu’ils s’aperçoivent que les Occidentaux considèrent n’importe quelle apparition étrangère à la conscience normale, comme une manifestation du « spirituel ». En fait, il existe d’innombrables mondes dans l’Invisible, et certains d’entre eux sont bien plus dangereux que la pire des jungles du monde visible. »


(1) « Alexandra David-Neel », Albin Michel.

(2) Les dangers de la méditation : http://bouddhanar.blogspot.com/2007/02/les-dangers-de-la-meditation.html . Le blog Bouddhanar a été arbitrairement supprimé par Blogger (Google) en 2024.



Sunday, September 29, 2024

Le bouddhisme tibétain, c’est un peu de sagesse et beaucoup de démonologie.



Le développement du bouddhisme tibétain est étrange. Des universitaires traduisent et commentent des textes inquiétants comme la biographie secrète du cinquième dalaï-lama contenue dans « Le Manuscrit d’Or ». Le texte révèle la passion du pontife tibétain pour la magie. Des cérémonies macabres exigent des ingrédients répugnants. Selon le cycle du rD-rje gro-lod gnam-lcags ‘bar-ba, l’encens est remplacé par la chair humaine brûlante (sha-chen-gyi bdug-spos), les lampes sont alimentées par de la graisse humaine fondue (tshil-chen-gyi mae-me), le sang remplace l’eau rituelle, les fleurs sont substituées par des yeux… Une peau humaine (g.yang-gzhi) et un crâne sont utilisés par les magiciens tantriques qui suivent les instructions données par le Zur Chos-dbying rang-grol. L’initiation à la déesse gSang- sgrub, un aspect particulier de dPal-dan lhamo (1), demande une tête humaine fraîchement coupée.

La barbarie qui émaille la spiritualité du cinquième dalaï-lama n’émeut personne. Elle passe totalement inaperçue, noyée dans le courant d’éloges et d’émerveillement inconditionnels qui transporte le bouddhisme tantrique au cœur des nations modernes. De nombreux artistes et des intellectuels succombent à la fascination du lamaïsme magique et… sanguinaire. Mais qui veut voir les coupes crâniennes remplies de sang représentées sur presque tous les tangkas ? Les tantras les plus obscènes et les moins ragoûtants sont traduits et qualifiés de révélations merveilleuses.

L’attrait du lamaïsme s’expliquerait-il par des influences occultes ? Nombre d’Occidentaux sont fascinés par les pouvoirs surnaturels, les fameux siddhis qui apparaissent en corollaires de l’évolution spirituelle. Malgré les avertissements traditionnels, des adeptes du lamaïsme entretiennent l’espoir secret de maîtriser des forces qui permettent de lire dans les pensées, de prévoir l’avenir, d’opérer des matérialisations, de rendre des objets invisibles, de pénétrer dans des corps étrangers et de pratiquer la lévitation. Pantañjali évoque ces pouvoirs surnaturels dans son « Yoga-soutra ».

Le Père Verlinde

Le Père Joseph-Marie Verlinde, pratiquant du yoga et de la méditation transcendantale, était parvenu à la maîtrise de quelques siddhis mineurs. Il témoigne :

"Lorsque j’ai rencontré la méditation transcendantale, j’avais abandonné toute pratique religieuse. J’étais alors chercheur en chimie nucléaire et j’ai décidé de suivre mon gourou en Inde où j’ai passé de longs séjours dans son ashram des Himalayas. À la suite d’une expérience spirituelle forte, j’ai redécouvert Jésus et suis revenu en Europe.

Dès mon retour, j’ai fait la connaissance d’un radiesthésiste très impressionné par les facultés de médium que j’avais acquises à travers la pratique des techniques orientales de méditation qui développent la médiumnité. Rien d’étonnant à ce que je manie le pendule avec dextérité ! On m’a donc convaincu d’utiliser ce « don » au service du Seigneur pour aider et soigner les gens. Je continuais à aller à la messe tous les jours, à communier, à prier le chapelet. J’aimais le Seigneur et je voulais le suivre de tout mon cœur. Très vite, on a découvert que j’avais également un don de guérison par magnétisme. Les personnes me demandaient de poser la main sur elles ; elles sentaient un fluide et cela leur faisait du bien…

J’ai compris par la suite le caractère occulte de toutes ces pratiques : il s’agit bien de la gestion, de la maîtrise et du travail de forces obscures. En un coup d’œil, je voyais ce qui n’allait pas chez la personne. C’était tout simplement de la voyance. J’ai très vite abandonné le pendule qui m’était devenu inutile. Il n’est qu’un « support » qui amplifie et visualise les intuitions perçues dans l’état de fusion médiumnique avec l’objet (la personne) exploré(e). Les écoles ésotériques citent la radiesthésie comme une forme de voyance.

Un des dangers de ces techniques réside dans le fait qu’elles induisent un lien entre le patient et le praticien. Je me suis rendu compte qu’on pouvait aller très loin dans ce domaine. Avec un minimum de concentration, je parvenais à pénétrer les pensées de la personne rencontrée. L’effet provoqué peut être très important: quel profond manque de respect de la personne! On fait irruption dans son intimité et on peut exercer sur elle un véritable pouvoir.

Bientôt, j’ai compris qu’existaient des états fusionnels spirituels. J’ai été pris malgré moi par des symptômes étranges qui s’apparentaient à des phénomènes de spiritisme; des « entités spirituelles » me sollicitaient intérieurement et m’invitaient à un dialogue !

Comme scientifique, j’ai interrogé de nombreuses personnes qui travaillaient dans ce domaine. Beaucoup m’ont avoué travailler avec les esprits en reconnaissant qu’ils créaient des liens très difficiles à rompre! Autrement dit, on crée des liens par magnétisme, parfois même sans s’en apercevoir et sans aucune possibilité réelle de maîtrise. Or, je le dis avec force, Dieu nous a créés libres. Tout ce qui aliène notre liberté à quelque niveau que ce soit - physique, psychique et a fortiori spirituel - n’est pas conforme à son dessein d’amour Mon expérience m’a montré que les conséquences des pratiques occultes sont graves. Elles induisent des traumatismes plus ou moins importants au niveau physique, psychique ou spirituel.

Certains prétendent que ces phénomènes paranormaux seraient simplement liés à la gestion de canaux d’énergies naturelles qui sont à notre disposition ou à des interactions fusionnelles avec des énergies cosmiques. Ces personnes ne manquent pas de souligner que ces énergies ont été créées par Dieu et que, selon la Bible, toute la création est bonne - elles se gardant bien de faire mention de la chute des anges et du péché origine (cf. Gn 3,1-24 et Rm 5,19). Or, ces faits changent tout ! Si la nature, en tant que telle, n’est pas mauvaise, il n’en demeure pas moins qu’elle gît désormais « sous le joug de l’ennemi » (cf. Rm 8, 20). En d’autres termes, même si ces énergies naturelles ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, elles peuvent être manipulées par des entités spirituelles qu’il vaut mieux ne pas fréquenter.

Permettez-moi une comparaison entre un médium et un appareil de radio captant la bande d’ondes FM. Rappelons que le principe de la fréquence modulée consiste en une onde porteuse, de grande longueur d’onde, à laquelle on superpose une petite onde qui véhicule l’information. Lorsque vous ouvrez votre appareil radio sur la longueur d’onde FM, vous captez en même temps la grande onde et la petite qui lui a été superposée. De même, lorsqu’un médium croit s’ouvrir aux énergies naturelles (= l’onde porteuse), il court le risque de se voir visité également par des entités spirituelles (= onde portée) qui sont actives au niveau de celles-ci. Ce risque est plus qu’une hypothèse théorique : j’en ai moi-même constaté toute la réalité dans ma propre vie !

J’ai expérimenté, en particulier, que les bonnes intentions ou la pratique religieuse ne mettent pas à l’abri du danger. Notre foi n’est pas de la magie. Lorsque les esprits ont commencé à solliciter mes facultés psychiques voire physiques, j’ai été complètement démonté. Je ne comprends pas comment des gens peuvent être fiers de vivre de telles expériences. J’avoue que j’avais peur et que je me posais beaucoup de questions. Tout s’est déclenché lorsqu’un jour, au cours d’une eucharistie, au moment de l’élévation, j’ai entendu ces mêmes entités soi-disant esprits bienveillants guérisseurs - crier des paroles blasphématoires contre le Seigneur ! J'étais écrasé de confusion.

Je suis allé voir le prêtre après l’eucharistie. « Mon fils, ce n’est pas étonnant, m’a-t-il dit. Je suis l’exorciste du diocèse! » Certes, je n’étais pas « possédé » puisque je menais une authentique vie théologale, mais j’étais lié par ces pratiques contradictoires avec ma foi. Aussi ai-je dû me soumettre à une série de prières de délivrance pour que le Seigneur me libère de ces liens que j’avais contractés avec les esprits du monde occulte. Finalement, j’ai été totalement délivré par la puissance du Sang et du Nom de Jésus. Mais j’étais délabré physiquement et psychologiquement, un long chemin de guérison a été nécessaire pour reprendre pied totalement… Mais le Seigneur a achevé en moi avec patience ce qu’il avait commencé. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu qui m’a sorti du tombeau. J'étais mort et il m’a redonné la vie. Oui, Il m’a vraiment ressuscité !"


Cahiers du Renouveau, Il est Vivant, n° 125, juin 1996.