Sunday, February 08, 2009

Les coulisses du Vajrayana

Deux e.mails de Marc Bosche

Convaincu d’un "péril lamaïste", il est impossible de garder plus longtemps pour moi l'intime conviction de Marc Bosche à propos des pratiques du bouddhisme tantrique.


(Photo : Marc Bosche au monasère Dagpo Kundrel Ling en Auvergne)



Cher Félix,

Je réponds à votre email, je suis allé sur la page où conduit le lien
http://bouddhanar-7.blogspot.com/2007/03/trois-semaines-et-demi.html et j'ai découvert votre expérience de la vie monastique au contact direct d'un lama pas très partageur. Si c'est lui sur la photo en haut à droite de cette page de blog ci-dessus, je me suis dit malgré moi comme première réflexion (avant de vous avoir lu et juste après avoir ouvert cette page du blog) : "il a le même sourire que Le Pen." Sans autre commentaire.

Plus sérieusement je suis allé aujourd'hui relire plus avant vos nombreux blogs actualisés, les notes de lectures de livres en marge, etc. et j'en aime bien le foisonnement et la richesse de contenu. Cette profusion illustrée est intéressante et agréable : elle permet de se faire une idée par la juxtaposition des sources, un peu comme le dessin d'une mosaïque apparaît par la multitude de petites pièces posées côte à côte.

C'est votre blog 1 (kalachakra) qui m'a le plus interpellé, il y a des éléments qui correspondent sans doute à ma modeste expérience, mais peut-être pourrais-je vous en dire plus lorsque j'aurai laissé mûrir cela un peu plus. Mais plutôt que de vous faire languir, voici les deux extraits qui ont eu de la résonnance en moi :

1) "en des lamaseries écartées, [certains] pratiqueraient un vampirisme de grand style : ils attireraient par magie des voyageurs égarés et les convaincraient de se laisser mourir rituellement afin d'acquérir du mérite ou un " bon karma ", valable en une autre vie ! En réalité, les " moines " viseraient à leur prendre leur vitalité par osmose, au cours d'une agonie savamment allongée." Alexandra David-Neel

2) "le monde subtil est immense, son étendue et sa pénétration sont d'ordre cosmique ; des êtres venus de lointains univers interviennent sur notre terre car la plasticité de la substance subtile est totale. Des formes extrêmement puissantes, libres, étranges, mouvantes vont et viennent dans cet univers très proche du nôtre mais où les lois du temps et de l'espace sont différentes. [...] elles sont souvent d'une beauté indicible, mais la gloire et la splendeur n'implique pas nécessairement la valeur morale ; songez aux sectes étranges qui surgissent un peu partout à travers le monde, créées par des illuminés, sadiques ou masochistes, qui provoques une asthénie pathologique chez leurs disciples et, par hypnose, permettent les contacts avec les plans subtiles où règnent ces forces asuriques ténébreuses. "Jean Marquès-Rivère, " LETTRES DE BENARES ".

J'ai ôté de ces extraits (cela apparaît lorsqu'il y a des crochets [...] ) les brefs passages et les notations avec lesquels je n'étais pas vraiment en phase, pour ne garder que ce qui a fait écho en moi à des choses que j'ai eu l'impression de subir, côté victime, pendant ma retraite en solitaire de deux ans. Je n'ai pas pu le raconter, je n'ai pas les mots pour l'écrire, et personne de rationnel de toute façon ne pourrait y croire. Merci de garder cet email pour vous, seulement pour vous, je pense peut-être pouvoir écrire un jour sur cela, grâce en particulier aux réflexions issues des citations et textes de vos blogs, mais ce n'est pas encore pour aujourd'hui.

Tout cela pour vous dire que je pense plutôt à des phénomènes un peu comme ceux évoqués ci-dessus - dans les citations 1) et 2) - plutôt qu'à une idée de "Satan" ou de "prince des ténèbres" évoquées par des auteurs dans votre blog. Cela fait un peu trop granguignol, et surtout cela donne de l'eau au moulin de tous ces adorateurs de divinités courroucées, en semblant leur dire qu'ils auraient ainsi raison, que leurs objet de culte seraient valides, réels, etc.Ma sensibilité se tourne plus vers une vision "poly" ou "multi", une multitude de forces, d'activités et d'êtres dans des champs complexes et vastes, des rapports de forces complexes un peu comme la colonisation, la domination et la soumission d'individus et de collectivités à d'autres individus et collectivités, plutôt que vers la vision d'une sorte de force unique ou même plutôt que l'opposition dualiste. Je n'affirme ni n'exclue rien cependant. J'ai même pu pendant une partie de ma retraite solitaire avoir l'impression de subir la prédation d'activités subtiles que je peux qualifier comme évoquant une impression évidente et somme toute unifiée de Mal, même si je me refuse à personnifier cela de peur de simplifier ou de caricaturer ce qui est sans doute plus sophistiqué et complexe.

Je ne sais donc toujours pas ce qui s'est passé et ce qui se passe aujourd'hui en filigrane de ces mondes du tantrisme bouddhique, mais ce que je commence mieux - grâce à vos écrits - à sentir c'est que ce n'est pas du tout le bouddhisme rassurant et paisible qui vous était promis à vous comme à moi lorsque nous avons mis une robe de moine...

Il y a anguille sous roche...

Amical souvenir,
Marc (le 3 Avril 2007)



Cher Félix,

Vous voilà ainsi cité sur l'annuaire du bouddhisme, et en premier en plus ! Comme quoi les mêmes questions traversent aussi les communautés de bouddhistes même s'ils n'apportent pas encore de réponse ferme à leurs propres réticences...

Je vois que nous partageons des réflexions parallèles sur les arrières plans psychiques du tantrisme bouddhique. J'ai comme vous le savez décidé de tourner la page : tant que je n'ai ni des mots, ni des faits pour spécifier ces phénomènes il ne me sera pas possible d'écrire vraiment dessus. Donc je ne pense pas qu'il y ait à venir un livre de ma part à ces sujets, faute de visible et de tangible à offrir aux lecteurs, dans ce monde de l'intangible et de l'invisible. Je me contente d'essayer de cultiver de vagues notions, de comprendre un peu mieux l'incompréhensible, peut-être quelques paragraphes en sortiront-ils, et je lirai vos blogs pour mieux comprendre.

Mais pour ne pas clore totalement le sujet à ce point, à titre privé et confidentiel de correspondance avec vous, juste une chose, comme çà, en passant : je pensais rencontrer un monde psychique et spirituel, antique, ancien et hiératique pendant ma retraite spirituelle. Il est en effet apparu au début, un peu comme un décor, une toile peinte : les yidams, les mandalas et les formules des mantras apparaissant un peu en trompe l'œil comme aux avants-scènes, puis c'est - derrière - un autre monde qui s'est invité, comme s'il était une réalité plus active et efficiente, se servant de ces images traditionnelles et figées du bouddhisme himalayen. Ce monde, que nous avons parfois qualifié de prédateur, ou d'exploitif n'avait rien d'antique, de vieux ou de traditionnel. Il m'est apparu comme ultra moderne selon nos critères, un monde de technologies sophistiquées venues de mondes parallèles au nôtres et doté de sciences appliquées bio-psycho-somatiques subtiles agissant en effet "par osmose", prélevant nos énergies subtiles, les échantillonnant par qualités, dotées de feed back, de coordination inter-individuelle et d'auto contrôle cybernétique etc.

Bref, il m'a semblé que ce monde psychique n'est pas peuplé de vieux "démons" ou de vieilles "dakinis" rouges mais par des activités de technologies, inconcevables encore pour nous, qui prélèvent notre vitalité subtile, nos énergies de conscience et de vie de manière rationnelle et organisée, ne nous renvoyant que des leurres yoguiques et des images tantriques toutes faites pour mieux brouiller les pistes, pour mieux se cacher derrière. Bref, le monde tantrique serait habité par une réalité technologique subtile, une bio-science exploitive venue d'autres mondes, d'autres dimensions de l'expérience consciente et collective, dont nous n'avons encore aucune idée.

Nous ne serions ainsi pas seulement le "bétail des dieux", comme l'écrit Daniélou, bétail trait pour le lait de notre vitalité humaine et de nos énergies subtiles, mais dans une sorte d'élevage industriel, dont les clôtures barbelées nous sont invisibles, relié à des dimensions peuplés de collectivités invisibles, par leurs activités autonomes qui s'installeraient progressivement dans nos canaux et plexus subtils lors de l'adhésion au tantrisme et de l'ouverture dévotionnelle.

Comme vous le voyez, je ne peux pas publier cela en l'état actuel des choses, personne ne pourra y croire un seul instant, impossible de le prouver ou d'en apporter la moindre présomption de preuve. De plus je ne suis pas sûr des limites, ni des enjeux réels de ces phénomènes s'ils existent, ni qu'ils soient strictement limités au monde tantrique. Nous n'avons que 5 ou 6 sens, nous ne percevons que 3 ou 4 dimensions. Si d'autres dimensions existent en plus, et en parallèle, d'autres sens nous seraient nécessaires pour percevoir ces bandes de fréquence de réalité qui sortent des capacités de notre "tuner" cognitif. Si d'autres mondes conscients disposent de ces sens dans ces dimensions supplémentaires, ils nous perçoivent et peuvent nous rencontrer sans que la réciproque soit vrai, comme s'ils nous voyaient à travers un miroir sans tain et que nous ne pouvions les voir. Certains de ces mondes, de ces êtres, ou de leurs collectivités nous sont sans doute familiers sans que nous puissions connaître leur vrai visage. Certains sont sans doute amicaux, agissant comme de bienveillants jardiniers dans notre monde primitif d'hommes, nous gardant des obstacles invisibles ou de ces prédateurs. Mais il ne serait pas impossible que dans le vaste cosmos, et surgies d'autres dimensions, des mondes moins généreux s'intéressent à notre force de vie, de conscience, à notre potentiel humain collectif et individuel, juste pour le prélever, comme nous le faisons ici pour du lait, du pétrole, du gaz ou de l'éthanol. Un gisement à exploiter, en somme. Et les mandalas du tantrisme ne seraient que des machines à traire, les mantras : des foreuses et les yidams : des entonnoirs pour aspirer, réunir et prendre à notre monde humain, par osmose, le meilleur de lui-même, sans que nous n'en vissions rien.

La science fiction, même si je n'en suis pas un amateur, de Matrix à Star Wars a depuis longtemps l'intuition de ces phénomènes. Sont-ils ainsi, tels que les artistes et les réalisateurs nous les décrivent ? Sont-ils aussi au cœur du tantrisme bouddhique ?

Et pouvons-nous aussi compter sur des mondes, des guides bienveillants, des pédagogues subtils, venus eux aussi d'autres dimensions contiguës à notre univers physique, pour nous éviter les pièges invisibles ?

Car des monastères, centres du dharma et mandalas tantriques pourraient être de simples pièges colorées et parfumés, un rinpoché vivant gigotant, lui-même prisonnier en otage dans une petite cage au milieu, comme le petit poisson accroché au bout de l'hameçon. Musiques, alcool, sucreries, sexe tantrique n'étant que d'autres appâts pour mieux attirer les foules naïves, et après exploiter ceux qui auraient mordu à l'hameçon, jusqu'à en faire des automates placides et sans âme, pilotés par des activités subtiles régissant leurs désirs et au prétexte de les satisfaire, en prélevant le meilleur de leur esprit, de leur conscience et de leur énergie vitale subtile. Des tantrikas en somme.
Dites-moi si je vais trop loin…

Amical souvenir,
Marc (le 5 Avril 2007)


En quelques phrases Marc exprime simplement et clairement son intuition du danger qui guette de nombreux retraitants et méditants. Quelques jours plus tard, il communiquera à Bouddhanar une nouvelle intitulée "Même si la nuit a été bien noire… Sept échos du tantra sont revenus à mon oreille" sous le pseudonyme de Flavie Duquesne.

Dans ce texte, le monde du bouddhisme tantrique livre sa terrible raison d’être : " Ce monde, qui s’est avéré au final prédateur et exploitif, n'avait rien d'antique, de vieux ou de traditionnel.Il m'est apparu comme ultra moderne selon nos critères, un monde de technologies sophistiquées venues de " mondes " parallèles aux nôtres. Il était doté de sciences appliquées psycho somatiques subtiles agissant "par osmose". Elles servaient en particulier à prélever nos énergies subtiles, les échantillonnant par qualités.Ces activités subtiles étaient dotées de " feed back " (capacités de rétroaction), de coordination et d'auto contrôle cybernétique, etc. " LIRE LA SUITE http://bouddhanar-1.blogspot.com/2007/04/mme-si-la-nuit-t-bien-noire.html


Marc Bosche animait le site "Bouddhismes.info" qui n’existe plus aujourd'hui. Toutefois, ses principaux articles sont réunis à l’adresse suivante :
http://articlesmarcbosche.googlepages.com/home


Dans son dernier ebook, "Intelligent Design, au cœur des champs de superconscience", Marc Bosche revient sur le thème de l’humanité bétail de maîtres invisibles :

" Pourquoi des mondes invisibles déposeraient-ils en nous des activités subtiles ? "
Bien sûr l’hypothèse d’une sorte d’exploitation à grande échelle de nos ressources intérieures est intéressante.
Nous pourrions en effet, pour certains de ces mondes, être nourriture, gisement ou énergie.
Les activités déposées en nous par ces univers intérieurs serviraient à prélever nos énergies vitales, comme du lait trait chaque jour des vaches sans leur demander leur avis.
La vitalité adolescente et la propension démographique de l’humanité seraient ainsi utilisées pour disposer depuis d’autres plans, à nous imperceptibles, d’un vaste élevage industriel aux dimensions de la Terre.
L’uniformité et le conditionnement global d’une civilisation terrassant les différences permettraient à nos éleveurs de pratiquer un mode simple et intensif de stabulation libre, nous réduisant à des cheptels captifs et indifférenciés, un gisement exploité sans nuance parce que devenu homogène en ayant perdu ses distinctions, ses anciennes frontières et ses clivages.
Les virus et les maladies pandémiques pourraient même être vues comme un autre mode de prédation particulièrement rapide. Non contents de se satisfaire de prélèvement quotidien, d’autres maîtres invisibles sacrifieraient une partie du troupeau pour un rendement plus élevé et un résultat expéditif.
Les vaches peuvent être élevées pour leur lait, pour leur progéniture ou pour leur chair comestible.
Ainsi, selon l’appétit de nos éleveurs industriels, serions-nous " consommés " de diverses manières plus ou moins radicales, dramatiques et spectaculaires."

LIRE l’intégralité du texte :
http://superconscience.blogspot.com/

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